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iOS d'Apple au Brésil : conformité, pas capitulation

Apple ouvre iOS au Brésil aux boutiques d'applications alternatives et aux paiements dans le cadre d'un accord avec le CADE, avec de nouveaux frais et avertissements concernant les risques pour la vie privée.

Emmanuel Fabrice Omgbwa Yasse Assisté par IA

2026-07-29 · 4 min de lecture

iOS d'Apple au Brésil : conformité, pas capitulation
Sources : Apple press rel…

L'accord d'Apple avec l'autorité antitrust brésilienne CADE, annoncé le 18 juin 2026, oblige l'entreprise à permettre aux utilisateurs d'iOS au Brésil de télécharger des applications depuis des places de marché alternatives et d'utiliser des méthodes de paiement en dehors du système d'achat intégré d'Apple. C'est la première fois qu'Apple fait de telles concessions en Amérique du Sud, après des mesures similaires dans l'Union européenne et au Japon.

Les changements s'appliquent immédiatement avec iOS 26.5. Les développeurs peuvent désormais distribuer leurs applications via des places de marché alternatives autorisées et traiter les paiements via des systèmes tiers ou via des liens vers des sites web externes. Apple continuera d'exploiter son propre App Store parallèlement à ces options.

La structure des frais

Apple introduit un système de commission à trois niveaux qui maintient ses flux de revenus intacts même lorsqu'elle ne gère pas la transaction. Les développeurs qui restent sur l'App Store et utilisent le système de paiement d'Apple paient une commission de 21 % sur les biens numériques et les abonnements, plus 5 % supplémentaires s'ils utilisent le traitement des paiements d'Apple, contre le taux standard précédent de 30 %. Apple affirme que la plupart des développeurs bénéficieront du taux réduit de 10 % pour les petites entreprises.

Graphique : Novas faixas de comissão da Apple no Brasil
A estrutura de comissão em três níveis da Apple no Brasil inclui uma taxa máxima de 30%, uma taxa de 10% para pequenas empresas, uma taxa de 15% sobre transações via links externos da App Store e uma Comissão de Tecnologia Central de 5% para aplicativos distribuídos fora da App Store, conforme o artigo.

La nouveauté est une commission de 15 % sur les transactions effectuées sur le site web d'un développeur si l'utilisateur y est arrivé via un lien dans l'application de l'App Store. Apple appelle cela une « commission de services de magasin ». Et les applications distribuées entièrement en dehors de l'App Store doivent toujours à Apple une « commission technologique de base » de 5 % sur les ventes numériques.

Les développeurs qui ne vendent pas de biens numériques ne paient rien, comme auparavant.

Apple a présenté l'arrangement comme un compromis qui protège les utilisateurs. La société a déclaré dans un communiqué que la Notarisation, un processus automatisé et de révision humaine de base, s'appliquera à toutes les applications iOS au Brésil, bien qu'elle ait concédé qu'il est « moins complet que le processus de révision de l'App Store qui s'applique à toutes les applications de l'App Store. »

Risques de sécurité reconnus

Les documents de presse d'Apple consacrent plus de place aux avertissements qu'aux opportunités. L'entreprise indique explicitement que les nouveaux canaux de distribution « ouvrent de nouvelles voies aux logiciels malveillants, aux fraudes, aux arnaques et aux risques pour la vie privée et la sécurité ». Les applications téléchargées en dehors de l'App Store « ne bénéficieront pas des mêmes protections qu'Apple offre via l'App Review. »

L'entreprise souligne également les risques pour les enfants. Les applications de la catégorie Enfants sur l'App Store ne seront pas autorisées à créer des liens vers des sites web externes pour les paiements. Les utilisateurs de moins de 18 ans qui utilisent un traitement de paiement alternatif dans les applications de l'App Store doivent passer par un contrôle parental avant d'effectuer un achat. Apple construit également une nouvelle API pour que les parents puissent surveiller les achats effectués en dehors du système d'Apple.

Même scénario, nouveau marché

La structure ressemble beaucoup à ce qu'Apple a mis en œuvre dans l'Union européenne après l'entrée en vigueur du Digital Markets Act en 2024. Dans les deux cas, Apple a préservé son modèle de commission central en renommant certains frais et en ajoutant une taxe technologique sur les ventes hors magasin. La version européenne comprend une taxe technologique de base de 0,50 € par première installation annuelle ; celle du Brésil est un pourcentage des revenus plutôt qu'un frais par installation, ce qui pourrait se révéler moins onéreux pour les applications gratuites qui monétisent via des publicités.

Ce qui diffère, c'est le ton. Le déploiement dans l'UE a été précédé par des mois de querelles publiques entre Apple et la Commission européenne. Au Brésil, Apple semble avoir négocié les termes avec le CADE avant de les annoncer, présentant le package comme un accord plutôt qu'une concession.

Néanmoins, l'effet pratique est le même : Apple a préservé sa capacité à percevoir une commission sur la plupart des transactions impliquant des biens numériques, même lorsqu'elle ne traite pas le paiement ou ne distribue pas l'application. La question est maintenant de savoir si les développeurs au Brésil considéreront les canaux alternatifs comme une véritable échappatoire à l'écosystème d'Apple ou comme une option marginale utilisée uniquement par les plus grands acteurs capables de justifier le coût d'ingénierie.

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