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Climat & Santé

Le changement climatique a déjà ajouté un mois de stress thermique à 560 millions d'enfants

Une étude de Science Advances révèle que 560 millions d'enfants de moins de 10 ans subissent désormais chaque année un mois supplémentaire de stress thermique lié au climat, soit près du triple de l'exposition des personnes âgées de 60 à 69 ans. Un essai à la première personne de The Verge montre ce que cela signifie depuis un salon du sud de la Californie.

Emmanuel Fabrice Omgbwa Yasse Assisté par IA

2026-09-18 · 5 min de lecture

Le changement climatique a déjà ajouté un mois de stress thermique à 560 millions d'enfants
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Trop chaud pour le jardin botanique

Il est 8 h 52 du matin et il fait déjà 86 degrés Fahrenheit dans le sud de la Californie. L'autrice de l'essai regarde son mari revenir du jardin botanique avec leur bébé de quatre mois. « C'était correct », dit-il. « C'était juste trop chaud. »

Cet échange ouvre un essai à la première personne publié par The Verge sur le fait d'élever un bébé pendant un été de chaleur extrême. Comme elle l'écrit, une alerte de chaleur extrême s'affiche sur son téléphone, en vigueur pendant au moins trois jours : « Des conditions dangereusement chaudes avec des températures maximales attendues jusqu'à 110 degrés Fahrenheit », indique-t-elle. « Restez dans une pièce climatisée, restez à l'abri du soleil. »

L'Académie américaine de pédiatrie recommande aux parents d'éviter d'emmener leur bébé dehors pendant de longues périodes dès que la température « ressentie » dépasse 90 degrés Fahrenheit (32,2 degrés Celsius), note l'essai. Pour cette famille, cela a signifié rester principalement à l'intérieur d'environ 11 heures du matin, voire plus tôt, jusqu'après le coucher du soleil. Le bébé adore les promenades, et le temps passé dehors est bon pour le bien-être mental d'un parent en période post-partum. Mais le jardin des grands-parents n'est pas sûr après une certaine heure, et les courses en milieu de journée signifient faire tourner la climatisation à plein régime pour rafraîchir une voiture étouffante en attendant dans un parking brûlant.

« Aussi irritant que tout cela puisse être, je fais partie des parents chanceux qui ont une voiture et la climatisation à la maison », écrit-elle.

L'essai est personnel. L'étude qui se cache derrière est tout sauf personnelle.

La science qui interprète ces alertes est en train d'être reconstruite en temps réel. AIMIP, un projet d'intercomparaison des modèles météorologiques et climatiques à base d'IA, soumet les modèles reçus aux mêmes expériences standardisées. Lors d'une évaluation hors échantillon, la surface des océans a été réchauffée de 2 ou 4 degrés Celsius d'un coup, et les prédictions des modèles ont divergé considérablement, certaines étant physiquement invraisemblables. Leur tenue en dehors de conditions familières est importante pour la science de l'attribution qui se trouve derrière la nouvelle étude.

L'étude derrière les 560 millions

Publiée dans Science Advances, la recherche s'appuie sur une norme internationale pour le stress thermique modéré : les jours où des mesures de protection comme des pauses de repos sont recommandées. Le seuil est une WetBulb Globe Temperature de 28 degrés Celsius (82,4 degrés Fahrenheit), une mesure qui tient compte de la chaleur, de l'humidité, de la vitesse du vent et de la couverture nuageuse. Grâce aux progrès de la science de l'attribution climatique, l'équipe a compté combien de jours franchissaient ce seuil et combien d'entre eux étaient ajoutés par le changement climatique.

Leur constat : 560 millions d'enfants de moins de 10 ans, soit 43 % de tous les jeunes de la tranche d'âge des 0 à 9 ans, subissent désormais au moins un mois supplémentaire de stress thermique chaque année à cause du changement climatique. C'est près du triple du nombre de personnes âgées de 60 à 69 ans exposées au même niveau de stress thermique induit par le climat. Les enfants, constatent les chercheurs, sont exposés de manière disproportionnée à la chaleur dangereuse par rapport aux groupes plus âgés.

« J'espère que cela sensibilisera le public au fait que le changement climatique est un problème qui se produit déjà aujourd'hui, qui nous affecte déjà », déclare Rosa Pietroiusti, autrice principale de l'étude et chercheuse doctorante à la Vrije Universiteit Brussel. « Il affecte la santé des plus vulnérables. »

Si les pays dépassent largement les objectifs auxquels ils ont souscrit dans l'accord de Paris sur le climat, ce chiffre passerait à 650 millions d'enfants de moins de 10 ans avec seulement 2 degrés Celsius de réchauffement climatique, selon l'étude.

MesureChiffre
Enfants de moins de 10 ans subissant au moins un mois supplémentaire de stress thermique lié au climat par an560 millions, 43 % de la tranche des 0 à 9 ans
Personnes âgées de 60 à 69 ans exposées au même stress thermique induit par le climatPrès de trois fois moins que les enfants
Enfants de moins de 10 ans exposés si le réchauffement climatique atteint 2°C650 millions

L'injustice est mondiale

Les plus fortes augmentations du stress thermique causé par l'activité humaine se produisent dans les pays du Sud, dans des pays qui ont le moins contribué à la pollution par les combustibles fossiles qui fait monter les températures, selon l'étude. Ces pays ont des populations plus jeunes et tendent à avoir moins accès à la climatisation ou à des infrastructures conçues pour résister aux conditions météorologiques extrêmes.

La chaleur est l'une des principales causes de décès liés aux conditions météorologiques dans le monde, note l'essai, citant l'Organisation mondiale de la santé. Elle peut entraîner déshydratation, coup de chaleur et, finalement, une défaillance des organes. Les bébés sont plus vulnérables que la plupart des adultes : leur rapport surface corporelle/masse corporelle plus élevé facilite la surchauffe, leurs glandes sudoripares sont encore en développement et ils dépendent entièrement des adultes pour des précautions comme le fait de rester hydratés. L'autrice de l'essai compare cela à un petit glaçon qui fond au soleil à côté d'un gros bloc de glace.

Les maladies liées à la chaleur sont évitables tant qu'un enfant peut trouver un endroit frais, et il est possible d'empêcher les étés de devenir encore plus chauds en passant à des sources d'énergie comme le solaire et l'éolien, qui n'émettent pas de pollution réchauffant la planète.

L'autrice s'estime chanceuse. Lorsque la famille a perdu l'électricité un après-midi chaud de juillet, elle a fait ses valises pour aller chez la grand-mère afin de rester au frais et de protéger le stock de lait maternel dans le congélateur. Si le lait avait tourné, calcule-t-elle, cela aurait représenté environ 20 heures de pompage, en grande partie pendant des nuits sans sommeil, perdues. Les coupures de courant se sont allongées aux États-Unis à mesure que les conditions météorologiques extrêmes deviennent plus fréquentes, et les vagues de chaleur peuvent déclencher des pannes de courant en raison des pics de demande ou du fait que les compagnies d'électricité coupent préventivement les lignes électriques pour éviter qu'elles ne provoquent des incendies de forêt.

Elle a tout de même emmené le bébé à l'océan une fois. La peau d'un bébé est trop sensible pour la crème solaire jusqu'à environ six mois, alors il portait un petit chapeau bleu pour une courte promenade le long de la jetée. Lorsqu'elle l'a sorti de la poussette pour regarder l'eau, il a froncé les sourcils et s'est agité quand le soleil brillant lui a frappé les yeux. « C'est trop ? » lui a-t-elle demandé. « C'est trop. »

L'étude compte les jours : un mois supplémentaire par an pour 560 millions d'enfants, et 650 millions si le réchauffement atteint 2 degrés. L'essai montre ce que ces jours représentent depuis un salon du sud de la Californie : un été sans le jardin botanique, une visite à la plage réduite à une courte promenade sur la jetée. Les deux décrivent le même été.

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